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Slalom à cheval

Le slalom à cheval est une activité des plus complexes et donc riche en termes de développement personnel.

Tout d’abord, monté sur un cheval, la perception de son environnement est modifiée. La position élevée exige de reconstruire une nouvelle représentation de l’espace en connexion avec celle que nous avions lorsque nous étions à pieds. Par l’effet de perspective, l’évaluation des distances entre les objets s’en trouve modifiée. Si les objets sont identiques par contre, vus de haut, ceux-ci changent d’apparence et les relations entre les objets doivent être reconfigurées. Mais, partant d’une représentation spatiale préexistante nous ne sommes pas dans l’inconnu total. Nous sommes dans la zone proximale de développement définie par Vygotsky. C’est donc une activité riche sur le plan cognitif.

Par ailleurs, un slalom est un enchaînement imposé de virages. Cela nécessite une anticipation qui consiste à se pré représenter le parcourt dans l’espace et voir l’enchaînement des actions. Il s’agit d’une planification ; chaque étape devant s’inscrire dans la continuité de la précédente et, en même temps, dans celle qui va suivre. C’est donc une activité cognitive de haut niveau d’abstraction qui mobilise les aires frontales.

Enfin, il faut transmettre son projet au cheval car c’est lui qui exécutera. Cela nécessite un maniement précis des rennes à l’aide de ses mains et bras et des gestes savamment dosés au bon moment. Ni trop tôt ni trop tard. Mais les rennes ne sont que la partie visible de l’action car c’est avec tout son corps que l’on transmet son intention à l’animal. Un cheval ressent beaucoup avec son dos.

Toutes ces compétences qu’il faut mobiliser en même temps ne vont pas de soi pour un néophyte.

Surtout quand la confiance en soi est abîmée et que le doute abîme les compétences. La réussite, même accompagnée, suscite alors une jubilation bien compréhensible.